Les mises en défaut des casinos sont rares, et d’autant plus succulentes. Elles illustrent la devise de droit romain : Nemo auditur suam turpitudinem allegans. Nul ne peut alléguer (pour se justifier) sa propre turpitude.
Les mises en défaut des casinos sont rares, et d’autant plus succulentes. Elles illustrent la devise de droit romain : Nemo auditur suam turpitudinem allegans. Nul ne peut alléguer (pour se justifier) sa propre turpitude. La première est plus juridique que scientifique. Un joueur regardait la table de la roulette depuis un certain temps, lorsqu’il tendit un billet au croupier : « Je vous donne la mise que j’ai perdue, assura-t-il, j’ai joué mentalement le cinq et il n’est pas sorti. » Le croupier accepta la mise. Quelques instants plus tard, le même joueur apostropha le croupier : « J’ai joué dans ma tête le huit, qui vient de sortir. Vous me devez trente-six fois ma mise. » L’histoire raconte que le casino dut s’exécuter : le croupier ayant accepté la première mise « mentale », il devait payer la seconde.
La seconde nécessitait une mise en scène plus subtile. Un joueur vint trois jours de suite, en Rolls pour donner confiance, avec son valet, jouer à la roulette. Il misait sur le rouge jusqu’à ce qu’il perde 100 000 francs, puis s’en allait. Le quatrième jour, son valet vint seul et demanda à s’entretenir avec le directeur du casino. « Mon maître est malade, et je dois jouer tous les jours 100 000 francs sur le rouge. Bien sûr, je vais perdre, aussi j’entends que vous me dédommagiez de 50 000 francs. Ainsi, nous gagnerons tous les deux 50 000 francs. » Le directeur du casino accepta. Il ignorait qu’un baron, de mèche avec le valet, jouait le noir quand son compère jouait le rouge, et chacun gagnait quand l’autre perdait. Ainsi le casino ne gagnait rien à la table de jeu, et nos escrocs étaient certains d’y équilibrer à peu près leurs gains et leurs pertes (car il faut compter les cas où la bille tombait sur le 0 et où tous les deux perdaient) ; ils étaient assurés de gagner à peu près la somme de 50 000 francs versée par le casino.
